{"id":80,"date":"2012-04-10T07:42:27","date_gmt":"2012-04-10T05:42:27","guid":{"rendered":"https:\/\/wmu.ac-nice.fr\/clg-albrecht\/2012\/04\/10\/parcours-de-serge-schneider-ancien-deporte\/"},"modified":"2012-04-10T07:42:27","modified_gmt":"2012-04-10T05:42:27","slug":"parcours-de-serge-schneider-ancien-deporte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.clg-berty-albrecht.ac-nice.fr\/?p=80","title":{"rendered":"Parcours de Serge Schneider, ancien d\u00e9port\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><strong><span style=\"font-size: large;\"><span style=\"color: #0000ff;\">PARCOURS D\u2019UN JEUNE HOMME <\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong><span style=\"font-size: large;\"><span style=\"color: #0000ff;\">EN PARTICULIER, PERIODE DE LA GUERRE MONDIALE 1939-1945<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong><span style=\"font-size: large;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Matricule 59374<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-78\" src=\"http:\/\/wmu.ac-nice.fr\/clg-albrecht\/wp-content\/uploads\/sites\/120\/2012\/04\/serge02bis.png\" border=\"0\" width=\"490\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/www.clg-berty-albrecht.ac-nice.fr\/wp-content\/uploads\/sites\/120\/2012\/04\/serge02bis.png 490w, https:\/\/www.clg-berty-albrecht.ac-nice.fr\/wp-content\/uploads\/sites\/120\/2012\/04\/serge02bis-300x276.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p>Schneider Serge n\u00e9 le 25 juillet 1924 \u00e0 Montois, d\u00e9partement de Moselle.<\/p>\n<p>\u00a0J\u2019ai habit\u00e9 de 1927 \u00e0 1976 \u00e0 Aubou\u00e9 en Meurthe et Moselle. A six\u00a0 ans, je rentre \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire de la ville et y effectue une scolarit\u00e9 normale jusqu\u2019au Premier Ordre. A quatorze ans, le 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1938, je rentre en apprentissage \u00e0 l\u2019usine locale de m\u00e9tallurgie, filiale de Pont-\u00e0-Mousson, comme m\u00e9cano \u00e9lectricien. Mes parents, faute de moyens, n\u2019ont pu me faire continuer les \u00e9tudes ; contrairement \u00e0 l\u2019avis de monsieur DOUCHET, alors directeur de l\u2019\u00e9cole qui aurait d\u00e9sir\u00e9 me voir poursuivre mes \u00e9tudes. En effet, mon r\u00eave \u00e9tait de devenir m\u00e9decin.<\/p>\n<p>En 1936 il est cr\u00e9\u00e9, en France, une organisation pour les jeunes, qui s\u2019appelle \u00ab l\u2019Enfance Ouvri\u00e8re \u00bb. J\u2019y adh\u00e8re d\u00e8s la premi\u00e8re heure. C\u2019est l\u00e0 que je pratiquerai des activit\u00e9s de plein air et de gymnastique, j\u2019y apprendrai \u00e0 vivre en collectivit\u00e9. Nous faisions des sorties de groupes accompagn\u00e9s d\u2019adultes mais surtout accompagn\u00e9s de notre moniteur de gymnastique, Monsieur Rosenbaum que nous appr\u00e9ciions tous. Gr\u00e2ce \u00e0 lui nous allions \u00e0 de nombreuses f\u00eates champ\u00eatres dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>A mon entr\u00e9e en apprentissage,\u00a0 d\u00e9but ao\u00fbt 1938, j\u2019adh\u00e8re aux jeunesses communistes.<\/p>\n<p>Le 30 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e, il y eut une gr\u00e8ve \u00e0 l\u2019usine d\u2019Aubou\u00e9. Mon p\u00e8re qui \u00e9tait secr\u00e9taire C.G.T.de l\u2019entreprise fut licenci\u00e9. Sans travail et n\u2019en trouvant pas, il prit en avril 1939, une g\u00e9rance de Bar Dancing Restaurant dans la localit\u00e9.<\/p>\n<p>En ce qui me concerne, mon contrat d\u2019apprentissage \u00e0 l\u2019usine \u00e9tait d\u2019un an. Une fois l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, celui-ci ne fut pas renouvel\u00e9, .Juillet 1939 voyait mon licenciement, alors qu\u2019il \u00e9tait rare qu\u2019un jeune apprenti ne puisse aller jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019apprentissage et passer le C.A.P.<\/p>\n<p>Au moment de la d\u00e9b\u00e2cle et l\u2019annexion de l\u2019Alsace et la Lorraine, en juin 1940, nous sommes rest\u00e9s \u00e0 Aubou\u00e9, dans la zone rouge \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re. Les premiers prisonniers de guerre \u00e9vad\u00e9s sont pass\u00e9s par notre maison, ont eu nourriture et habits. Par la suite il a fallut faire appel \u00e0 d\u2019autres personnes. Lorsque les gens sont revenus de l\u2019exode, papa a contact\u00e9 un boulanger d\u2019Aubou\u00e9, Monsieur Adam qui fut d\u2019accord pour aider en habits et en pain. Cette aide \u00e9tait une bonne chose, nous n\u2019avions plus les moyens. Depuis 1940 je travaillais dans une brasserie \u00e0 Hom\u00e9court, la commune limitrophe, jusqu\u2019en fin 1941.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>En juin 1941, maman est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Un accident en 1932 je crois, lui a provoqu\u00e9 une paralysie d\u2019une jambe puis cela a progress\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La R\u00e9sistance<\/strong><strong> :<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 partir d\u2019avril ou mai 1941 que nous avons commenc\u00e9 \u00e0 nous r\u00e9unir. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9 par Roger Henry, monteur en charpente m\u00e9tallique qui \u00e9tait en charge d\u2019organiser les groupes de jeunes. En plus de la distribution de tracts, notre premi\u00e8re action contre l\u2019occupant fut de lancer sur les lignes \u00e9lectriques, dans la nuit du 13 au 14 juillet 1941, des petits drapeaux tricolores confectionn\u00e9s par d\u2019autres personnes. C\u2019est ensuite qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 des groupes de trois, dont toutes les r\u00e9unions se passaient dans notre caf\u00e9.<\/p>\n<p>Je suis devenu chef de groupe, notre mission \u00e9tait surtout, hormis des inscriptions sur les murs la distribution de tracts. Il nous est arriv\u00e9 une fois, en les mettant sous les portes, apr\u00e8s le couvre feu, de tomber sur une patrouille de gendarmes fran\u00e7ais qui nous a poursuivie ; nous avons eu le temps, avec mes deux camarades de d\u00e9valer le ravin qui conduisait \u00e0 la rivi\u00e8re, ils ont tir\u00e9 plusieurs coups de feu dans notre direction sans nous atteindre,.<\/p>\n<p>Une autre fois, avec Jean Pacci notre responsable de secteur, je suis all\u00e9 \u00e0 12 kilom\u00e8tres de l\u00e0, \u00e0 Jarny \u00e0 bicyclette, chercher des armes. A notre retour, devant notre caf\u00e9 les gendarmes nous ont demand\u00e9 ce que nous avions dans les paniers, le camarade a r\u00e9pondu :<\/p>\n<p>\u00a0\u00ab\u00a0 Du beurre\u00bb, ils nous ont laiss\u00e9 passer, pensant certainement a une blague, ou peut-\u00eatre trafiquait-il d\u00e9j\u00e0 avec eux, puisse qu\u2019une fois il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par les gendarmes et se serait \u00e9vad\u00e9 ? Par la suite c\u2019est lui qui sous la torture a donn\u00e9 tout le r\u00e9seau, treize ont \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9s dont lui m\u00eame.<\/p>\n<p>Le plus difficile \u00e9tait d\u2019inscrire les mots d\u2019ordre sur les murs pour deux raisons, la premi\u00e8re \u00e9tait que le quartier habit\u00e9 \u00e0 90% de fran\u00e7ais nous exposait aux d\u00e9nonciations et la seconde \u00e9tait que la gendarmerie y faisait beaucoup de rondes, ceci explique peut-\u00eatre cela.<\/p>\n<p>Depuis mars 1940 je travaillais dans une brasserie d\u2019une localit\u00e9 voisine jusqu\u2019en d\u00e9cembre 1941. Il a fallut que je prenne des le\u00e7ons de conduite avec un chauffeur exp\u00e9riment\u00e9, puis que le patron, ayant son permis ne pouvait plus conduire (il avait perdu un \u0153il dans une bagarre). L\u2019entreprise disposait d\u2019une camionnette de 3500 kg ce qui m\u2019a permis de conduire le v\u00e9hicule mais toujours accompagn\u00e9. Apr\u00e8s la fermeture de cette entreprise je devais donc chercher autre chose, cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile. C\u2019est \u00e0 l\u2019usine d\u2019Hom\u00e9court que j\u2019ai pu commencer le 5 f\u00e9vrier 1942.<\/p>\n<h1>Mon arrestation<\/h1>\n<p>\u00a0Le premier jour de mon nouvel emploi, en rentrant \u00e0 17h00 deux camarades (Maurice Froment et Ren\u00e9 Favro) m\u2019interpellent pour m\u2019annoncer qu\u2019il y avait eu sabotage du transformateur \u00e0 l\u2019usine d\u2019Aubou\u00e9 par un groupe de nos camarades. Nous avons discut\u00e9 quelques minutes puis rapidement, la maison fut cern\u00e9e par la gendarmerie fran\u00e7aise et la police secr\u00e8te. Ils ont envahi notre caf\u00e9, personne ne devait bouger, perquisition dans toutes les pi\u00e8ces. Malheureusement ils ont trouv\u00e9 dans ma chambre un paquet de tracts, un camarade n\u2019\u00e9tait pas venu chercher le paquet deux jours avant. Etant encore \u00e0 table avec mes deux camarades, nous avons \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s tous les trois dans la prison de la gendarmerie d\u2019Aubou\u00e9, puis le lendemain avons \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la prison de Briey. Encore aujourd\u2019hui je me souviens de ce premier repas en prison, le rationnement avait oblig\u00e9 la femme de Maurice \u00e0 nous cuisin\u00e9 du chat.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le 7 f\u00e9vrier un car nous attendait \u00e0 la porte de la prison de Briey avec 16 camarades, dont mon p\u00e8re qui avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 le matin. Une douzaine de \u00ab feldgendarmes \u00bb nous entouraient pour nous conduire \u00e0 la prison de Nancy. Mon p\u00e8re fut mis directement au secret, le reste de la troupe a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9 en deux groupes pour occuper deux cellules.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 .<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard d\u2019autres furent arr\u00eat\u00e9s avec plusieurs personnalit\u00e9s, celles-ci ont \u00e9t\u00e9 vite rel\u00e2ch\u00e9es. En tout, 72 personnes furent arr\u00eat\u00e9es jusqu\u2019au mois de juillet 1942 et l\u2019ensemble du r\u00e9seau fut d\u00e9mantel\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Une semaine apr\u00e8s je fus conduit \u00e0 la kommandantur, interrogatoire muscl\u00e9, ils voulaient savoir \u00e0 qui \u00e9tait destin\u00e9 le paquet de tracts qui avait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 dans ma chambre, je n\u2019ai jamais parl\u00e9, mais je revenais dans la cellule le visage en sang. C\u2019est mon camarade Maurice qui m\u2019avait pris sous son aile et me soignait, et cela \u00e0 plusieurs reprises. Le 3\u00a0 Mars 1942, avec 18 camarades dont mon p\u00e8re que j\u2019ai retrouv\u00e9 ce jour l\u00e0, nous avons \u00e9t\u00e9 conduits \u00e0 la gare de Nancy sous les crachats de la foule qui faisait la haie, en nous traitant de terroristes. C\u2019est \u00e0 ce moment l\u00e0 que les allemands nous ont dit que si les saboteurs du transformateur n\u2019\u00e9taient pas trouv\u00e9s nous serions fusill\u00e9s.<\/p>\n<p>Partis de Nancy le 3 mars nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la gare de Compi\u00e8gne et conduit au camp de Royallieu dans la soir\u00e9e. Le lendemain \u00e0 17h 00 appel. Plusieurs cod\u00e9tenus sont appel\u00e9s et emmen\u00e9s, c\u2019est \u00e0 ce moment l\u00e0 que des camarades entonnent la Marseillaise qui est reprise en c\u0153ur par l\u2019ensemble des d\u00e9tenus, quel frisson nous parcourt, ce chant que tous les r\u00e9volt\u00e9s chanteront au cours de notre calvaire\u2026 Nous apprendrons par le responsable du camp que les camarades qui l\u2019avaient chant\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9s le lendemain \u00e0 l\u2019aube. A ceux que les allemands n\u2019avaient rien dit, le lendemain nous \u00e9tions inform\u00e9s que pendant un mois nous serions priv\u00e9s de colis pour ceux qui pouvaient en recevoir. Nous subissions \u00e9galement les corv\u00e9es, plusieurs appels dans la journ\u00e9e. D\u00e8s que nous sommes arriv\u00e9s nous avons \u00e9t\u00e9 pris en charge par des camarades, personnellement je n\u2019avais pas 18 ans j\u2019ai b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une soupe suppl\u00e9mentaire et d\u2019une ration de pain que je partageais avec papa et mes camarades, apr\u00e8s quelques jours au camp les groupes de r\u00e9sistants ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9 par notre camarade Camille Thouvenin et chaque jour nous faisions de la gymnastique, de l\u2019entra\u00eenement militaire en pr\u00e9vision d\u2019un futur d\u00e9barquement.<\/p>\n<p>\u00a0C\u2019est dans le courant d\u2019avril que je suis appel\u00e9 au bureau, un peu \u00e9tonn\u00e9 je m\u2019y suis rendu avec papa, lui est rest\u00e9 devant la porte, a l\u2019int\u00e9rieur se trouvait un S.S., de nouveau interrogatoire sur les tracts trouv\u00e9 dans ma chambre, j\u2019ai toujours r\u00e9pondu de la m\u00eame fa\u00e7on que je ne connaissais pas la personne qui devait venir chercher le paquet, a la fin de cet interrogatoire, il me demande pourquoi je m\u2019appelle Serge, \u00ab Serge, c\u2019est un nom russe ! \u00bb j\u2019ai r\u00e9pondu que je ne savais pas, il m\u2019est arriv\u00e9 son poing sur le nez que mon sang a piss\u00e9\u2026 Papa qui avait vu a travers la vitre a voulu bondir mais le garde allemand qui \u00e9tait devant la porte l\u2019en a emp\u00each\u00e9, ba\u00efonnette au canon. (Je l\u2019ai su apr\u00e8s par mon p\u00e8re).Par la suite je n\u2019ai plus \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9.<\/p>\n<p>La vie au camp a continu\u00e9, entra\u00eenement tous les jours, puis le 5 Mai 1942, \u00e0 l\u2019appel du soir je suis convoqu\u00e9 et invit\u00e9 \u00e0 prendre mes affaires pour partir vers une destination inconnue. Le responsable du camp, Georges Cogniot est venu me voir, tout en pr\u00e9parant mes affaires m\u2019a demand\u00e9 pourquoi j\u2019avais \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, que faisait mon p\u00e8re. Je lui ai expliqu\u00e9, il m\u2019a souhait\u00e9 beaucoup de courage et donn\u00e9 un paquet de cigarettes, apr\u00e8s son d\u00e9part je l\u2019ai donn\u00e9 \u00e0\u00a0 papa qui \u00e9tait tr\u00e8s malheureux, ne sachant ce qu\u2019il m\u2019arrivait. Lorsque l\u2019appel a \u00e9t\u00e9 fini, deux allemands sont venus me chercher, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 conduit dans une baraque pas loin de la sortie du camp, je n\u2019ai pas eu de soupe\u2026, A l\u2019int\u00e9rieur, en revanche, des noms grav\u00e9s sur les murs et des inscriptions, comme \u00ab nous allons mourir demain pour la libert\u00e9 \u00bb, \u00ab mort \u00e0 Hitler \u00bb, \u00ab P\u00e9tain collabo \u00bb. La nuit m\u2019a fait r\u00e9fl\u00e9chir pensant que moi aussi demain j\u2019allais mourir\u2026 Le reste de la nuit je n\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019a cela.<\/p>\n<h1>\u00a0Mon jugement au tribunal d\u2019Amiens et la vie au camp de Royallieu<\/h1>\n<p>Le lendemain matin, le jour n\u2019\u00e9tait pas encore lev\u00e9 lorsqu\u2019un feldgendarme est venu me chercher. Il m\u2019a mis les menottes, nous sommes pass\u00e9 au bureau des entr\u00e9es, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ray\u00e9 des effectifs, puis nous sommes partis a pieds jusqu&rsquo;\u00e0 la gare de Compi\u00e8gne, je me suis retrouv\u00e9 \u00e0 celle d\u2019Amiens et dirig\u00e9 au tribunal devant des officiers allemands cela a dur\u00e9 un quart d\u2019heure environ et je fus condamn\u00e9 \u00e0 3 mois de prison. Lors de l\u2019annonce du verdict, le pr\u00e9sident, je suppose puisqu\u2019il occupait le fauteuil central, a pos\u00e9 la question par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019interpr\u00e8te, et m\u2019a demand\u00e9 si j\u2019avais quelque chose \u00e0 ajouter ? J\u2019ai r\u00e9pondu que c\u2019\u00e9tait beaucoup, alors tout en riant il a descendu la peine \u00e0 6 semaines, en disant que c\u2019\u00e9tait\u00a0 \u00abganz egal\u00bb, bien la m\u00eame chose\u2026, je n\u2019ai pas compris.<\/p>\n<p>Le soir m\u00eame je suis revenu au camp, cela se passait le 6 mai 1942. Je n\u2019\u00e9tais pas pass\u00e9 au bureau des entr\u00e9es, je saurai plus tard que je ne faisais plus parti de l\u2019effectif\u2026 D\u2019ailleurs lors du convoi du 6 juillet, premier convoi politique fran\u00e7ais pour Auschwitz, mon p\u00e8re et tous mes camarades arr\u00eat\u00e9 les 5 et 7 f\u00e9vrier sont emmen\u00e9s, sauf moi. Pas un seul n\u2019est revenu.<\/p>\n<p>Le lendemain (le 7\u00a0\u00a0 ou le 8 juillet 1942 ?), les camarades de Meurthe et Moselle, qui n\u2019\u00e9taient pas partis m\u2019ont fait venir dans leur bloc, le N\u00b04. Certains travaillaient en cuisine. Pour moi, qui depuis le 6 mai n\u2019avais eu aucun colis c\u2019\u00e9tait bien. Les camarades ont fait le maximum pour ramener le soir, apr\u00e8s leur travail, de la nourriture qu\u2019ils volaient au magasin.<\/p>\n<p>\u00a0Entre temps dans la nuit du 21 au 22 juin plusieurs camarades se sont \u00e9vad\u00e9s par un tunnel qu\u2019ils avaient creus\u00e9 avec des mineurs de Meurthe et Moselle parmi les \u00e9vad\u00e9s, notre chef de camp, Georges Cogniot. Plusieurs ont \u00e9t\u00e9 repris et fusill\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00a0J\u2019ai appris que je ne faisais plus parti des effectifs par les camarades qui travaillaient \u00ab aux colis \u00bb, il y en avait un qui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 mon nom, mais les camarades l\u2019avaient remarqu\u00e9, par la suite ayant fait la d\u00e9marche pr\u00e8s du nouveau chef de camp j\u2019ai du faire une d\u00e9claration sur l\u2019honneur comme quoi j\u2019\u00e9tais bien au camp. Par la suite j\u2019ai appris que c\u2019\u00e9tait une tante qui habitait pr\u00e8s de Dijon qui \u00e9tait venue m\u2019apporter le colis.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0Officiellement r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 au camp, d\u00e9but d\u00e9cembre 1942, je suis emmen\u00e9 \u00e0 la prison de Compi\u00e8gne pour faire les six semaines de prison, a mon retour quelques jours plus tard un convoi sera organis\u00e9 pour une d\u00e9portation au camp de concentration de Sachsenhausen-Oranienburg le 23 janvier 1943.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h1>La d\u00e9portation<\/h1>\n<p>Nous sommes parqu\u00e9s dans des wagons a bestiaux tr\u00e8s tass\u00e9s avec une tinette au milieu, c\u2019est un transport tr\u00e8s dur, il fait froid, nous avons soif, \u00e0 une petite lucarne nous r\u00e9cup\u00e9rons les gla\u00e7ons qui pendent, malheureusement il n\u2019y en aura pas pour tout le monde, c\u2019est notre camarade GERARD qui convaincra les camarades qu\u2019il faut les laisser pour les plus jeunes, tout le monde a approuv\u00e9, en route il a \u00e9t\u00e9 permis de prendre de l\u2019eau dans une gare allemande.<\/p>\n<p>A notre arriv\u00e9e \u00e0 Saxo le 25 janvier 1943, c\u2019est a la chlague que nous sommes \u00e9vacu\u00e9s des wagons plusieurs camarades seront bless\u00e9s \u00e0 la t\u00eate, \u00e0 notre arriv\u00e9 au camp nous passerons \u00e0 la d\u00e9sinfection, ras\u00e9s de la t\u00eate aux pieds, puis habill\u00e9s en tenue de bagnard, \u00e0 la sortie il fallait s\u2019appeler par les noms, il \u00e9tait impossible de se reconna\u00eetre.<\/p>\n<p>Ensuite nous avons subi la quarantaine, cela sera la vraie vie de bagnard, nous sommes au bloc 37 et 38, les responsables sont des droits commun, nous nous couchons tr\u00e8s tard, dans la nuit ont nous fait lev\u00e9 pour un appel, nous avons de la neige dans nos sabots, la journ\u00e9e nous en faisons \u00e9galement plusieurs, a chaque fois nous devons laisser nos sacs de provisions sur les tables, les fran\u00e7ais ne sont pas tr\u00e8s ob\u00e9issants mais nos \u00ab bandits \u00bb\u00a0 veillent et c\u2019est des coups qui pleuvent, au bout de deux jours nous n\u2019avons plus rien dans nos petits sacs, mais pendant un mois nous subirons les quatre volont\u00e9s de ces \u00ab bandits \u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0Apr\u00e8s discutions avec les camarades nous d\u00e9cidons de ne pas travaillez en usine, nous nous d\u00e9clarons : travailleurs du b\u00e2timent. Au bout du mois nous seront affect\u00e9s dans les commandos a creuser des tranch\u00e9es nous y resterons environ deux mois, pendant ce temps plusieurs camarades mourrons des coups. Personne ne pensait que ce travail soit si dur avec si peu de nourriture.<\/p>\n<p>Nous ne savons pas pourquoi, ceux qui en France travaillaient dans des usines, nous nous sommes retrouv\u00e9s a travaill\u00e9 au hall 3 de l\u2019usine Heinkel qui \u00e9tait la fabrication d\u2019avions du m\u00eame nom. L\u2019avantage nous \u00e9tions \u00e0 l\u2019abri, mais il fallait produire.<\/p>\n<p>Personnellement je travaillais \u00e0 la colonne 5 qui \u00e9tait la soudure. Il va falloir apprendre, mon camarade Raymond Faitivau m\u2019aidera dans cet apprentissage, dans cette colonne nous ne serons pas battus mais par contre nous ferons une semaine de jour, la suivante de nuit, elle \u00e9tait \u00e9puisante, le froid, le sommeil. Nous quittions notre travail \u00e0 la derni\u00e8re minute pour l\u2019appel, du lundi au samedi, la semaine o\u00f9 nous faisions la nuit, nous finissions le dimanche matin. Le travail de nuit \u00e9tait difficile, nous dormions tr\u00e8s peu, apr\u00e8s ce qui \u00e9tait appel\u00e9 le caf\u00e9 nous nous couchions jusqu&rsquo;\u00e0 midi et demi, ensuite c\u2019\u00e9tait les corv\u00e9es, soit ramasser les papiers dans le camp soit le d\u00e9pouillage, mais pour l\u2019appel du soir nous \u00e9tions les premiers sur la place d\u2019appel.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Le dimanche matin \u00e9tait en g\u00e9n\u00e9ral un appel sans fin, qu\u2019il pleuve qu\u2019il vente ou qu\u2019il g\u00e8le \u00e0 plusieurs reprises nous \u00e9tions compt\u00e9s et recompt\u00e9s, c\u2019est dans ces moments l\u00e0 que beaucoup de camarades s\u2019effondraient et \u00e9taient emmen\u00e9s au four cr\u00e9matoire m\u00eame s\u2019ils bougeaient plus ou moins, je l\u2019ai vu de mes yeux, dans la charrette \u00e7a remuait.<\/p>\n<p>C\u2019est au d\u00e9but septembre que je suis appel\u00e9 au commandant, il m\u2019a montr\u00e9 une pi\u00e8ce que je faisais \u00e0 la colonne de la soudure, elle consistait \u00e0 soutenir les ailes de l\u2019avion heinkel qui avait quatre \u0153illets que je devais souder et mettre mon num\u00e9ro 54, le commandant qui parlait fran\u00e7ais m\u2019a accus\u00e9 de sabotage, j\u2019ai ni\u00e9 en expliquant que je n\u2019\u00e9tais pas professionnel, il m\u2019a condamn\u00e9 \u00e0 deux semaines de commando disciplinaire.<\/p>\n<p>Cela a \u00e9t\u00e9 deux semaines tr\u00e8s difficile, heureusement la solidarit\u00e9 a march\u00e9 en plein, le soir j\u2019ai toujours eu soit de la soupe en suppl\u00e9ment ou du pain en alternance ; a ce commando nous avions un sac sur le dos de environ quinze t kilos avec un changement de chaussures chaque jour, le circuit, nous \u00e9tions au camp central, se faisait au tour de la place d\u2019appel avec des passages d\u2019une dizaine de ma\u00eetres, soit de pierres, soit de sable, soit d\u2019eau, celui qui commandait ne permettait pas que l\u2019on tra\u00eene, sinon c\u2019\u00e9tait les coups.<\/p>\n<p>En janvier 1945 je travaillais au hall 8 \u00e0 faire des cylindres pour gazog\u00e8ne, en triant les t\u00f4les pour rechercher le calibre celles ci me sont tomb\u00e9es sur la jambe droite, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 au revier puis a Sachso, le Docteur Coudert m\u2019a annonc\u00e9 plusieurs jours apr\u00e8s que j\u2019avais une fracture de la rotule et que j\u2019en avais pour un moment, j\u2019ai eu un pl\u00e2tre sur toute la jambe, ensuite j ai eu un second qui me tenait uniquement le genoux, il m\u2019a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 quelques jours avant l\u2019\u00e9vacuation, mais je boitais beaucoup, cela a dur\u00e9 des mois.<\/p>\n<p>Je n\u2019oublierai jamais la solidarit\u00e9 qui m\u2019a permis de sortir de cet enfer, je le dois beaucoup \u00e0 mon camarade Charles DESIRAT, c\u2019est lui encore pour la premi\u00e8re journ\u00e9e d\u2019\u00e9vacuation m\u2019aidera \u00e0 finir la marche de la mort.<\/p>\n<p>\u00a0Malheureusement apr\u00e8s cette premi\u00e8re journ\u00e9e de marche je n\u2019en pouvais plus, la nuit nous avons dormis sur une place sous la pluie, le lendemain nous \u00e9tions cinq a ne plus pouvoir marcher, les S.S. nous ont fait rentrer dans une grange qui se trouvait tout pr\u00eat et nous avons attendu, nous avions peur sachant que dans la premi\u00e8re journ\u00e9e plusieurs camarades qui ne pouvaient pas suivre avaient eu une balle dans la t\u00eate, dans l\u2019\u00e9tat ou nous \u00e9tions nous ne pouvions aller plus loin, mais la chance \u00e9tait avec nous, apr\u00e8s l\u2019\u00e9vacuation de tous nos camarades d\u00e9port\u00e9s un soldat allemand est venu dans la grange, quelle surprise Hans \u00e9tait un ancien d\u00e9tenu qui avait travaill\u00e9 avec moi \u00e0 la colonne 5, nous nous sommes serr\u00e9 la main et tout de suite nous a dit \u00ab\u00a0 vous cinq pas fusill\u00e9s prison \u00bb c\u2019est comme cela que nous avons \u00e9chapp\u00e9s et mis a la prison de Neuruppin, l\u00e0 le Directeur nous a fait un discours, que nous serions bien nourris, effectivement jusqu\u2019au 30 avril midi nous avions eu suffisamment a manger, ce jour l\u00e0 ce m\u00eame directeur nous a dit que la guerre \u00e9tait finie, nous a propos\u00e9 les directions o\u00f9 \u00e9tait les alli\u00e9s, tous les cinq nous sommes partis, lorsque nous sommes arriv\u00e9s au premier village il faisait nuit, le premier coin que nous avons trouv\u00e9s pour dormir nous y sommes rest\u00e9s. C\u2019est le lendemain lorsque nous nous sommes r\u00e9veill\u00e9s nous \u00e9tions saouls, nous avions dormis dans une distillerie. Nous avons vite repris nos esprits, des soldats sovi\u00e9tiques \u00e9taient dans ce petit village. Nous \u00e9tions libres mais pas au bout de nos peines, nous \u00e9tions le 1<sup>er<\/sup> Mai, le 10 nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9s en zone britannique l\u00e0 il a fallu chercher sa nourriture dans les maisons d\u00e9truites de Magdeburg et pour revenir en France nous avons refus\u00e9s d\u2019\u00eatre mis dans des wagons a bestiaux, nous avons eu le lendemain des wagons de troisi\u00e8me classe. Nous sommes \u00a0pass\u00e9s par la Hollande, la Belgique, avons \u00e9t\u00e9 d\u00e9mobilis\u00e9s \u00e0 Hirson puis Paris o\u00f9 j\u2019ai dormi chez mon camarade Pierre Gouffaut, le lendemain j\u2019ai pris le train en premi\u00e8re mais dans le couloir jusqu\u2019\u00e0 Briey et six kilom\u00e8tre a pied jusqu\u2019\u00e0 Aubou\u00e9 malgr\u00e9 mon boitillement.<\/p>\n<p>Enfin je retrouvais mon village apr\u00e8s quarante mois d\u2019absence jour pour jour.<\/p>\n<p>Ce cauchemar a dur\u00e9 27 mois en camp de concentration. A mon retour j\u2019ai fait dix huit mois de Sanatorium. Je n\u2019ai pu\u00a0 reprendre une vie professionnelle qu\u2019en 1952.<\/p>\n<p>\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-79\" src=\"http:\/\/wmu.ac-nice.fr\/clg-albrecht\/wp-content\/uploads\/sites\/120\/2012\/04\/serge01bis.png\" border=\"0\" width=\"752\" height=\"384\" srcset=\"https:\/\/www.clg-berty-albrecht.ac-nice.fr\/wp-content\/uploads\/sites\/120\/2012\/04\/serge01bis.png 752w, https:\/\/www.clg-berty-albrecht.ac-nice.fr\/wp-content\/uploads\/sites\/120\/2012\/04\/serge01bis-300x153.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 752px) 100vw, 752px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PARCOURS D\u2019UN JEUNE HOMME EN PARTICULIER, PERIODE DE LA GUERRE MONDIALE 1939-1945 Matricule 59374 \u00a0 \u00a0 Schneider Serge n\u00e9 le 25 juillet 1924 \u00e0 Montois, d\u00e9partement de Moselle. \u00a0J\u2019ai habit\u00e9 de 1927 \u00e0 1976 \u00e0 Aubou\u00e9 en Meurthe et Moselle. 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